Randonnée du Mont Veyrier : le balcon du lac d'Annecy

Le Mont Veyrier dresse son sommet rocheux à 1291 mètres au-dessus de la rive est du lac d’Annecy. La variante la plus directe part du Petit Port d’Annecy-le-Vieux : 5 kilomètres aller-retour, 406 mètres de dénivelé, 1 h 20 de montée. Au sommet, deux tables d’orientation embrassent le lac entier, du Semnoz à la Tournette.
Le balcon le plus connu du lac d’Annecy
Ce sommet porte un surnom mérité : le balcon du lac. Depuis sa crête, le plan d’eau se déploie en entier, d’Annecy au nord jusqu’à Doussard au sud. La rive ouest dessine la silhouette du Semnoz, la rive est celle de la Tournette. Par temps clair, fréquent en automne et tôt le matin toute l’année, le Mont Blanc apparaît au nord-est, derrière la dentelle des Aravis.
Deux tables d’orientation aident à nommer les sommets visibles : Parmelan, Aravis, Tournette, massif des Bauges. La plateforme rocheuse du sommet reste étroite, sécurisée par une barrière et des câbles sur sa portion la plus exposée. La vue justifie à elle seule la montée, et place ce point de vue parmi les plus photographiés de la région.
Le sommet n’a rien d’un belvédère sauvage. Une ancienne station de téléphérique marquait son arête. Construit en 1935, l’appareil reliait Annecy-le-Vieux au sommet jusqu’à son arrêt en 1984. La gare haute a été démolie en 2001 ; il ne reste que la plateforme bétonnée, transformée en plateforme d’observation. Ce vestige raconte un siècle de tourisme alpin au-dessus du lac.
Cette histoire change la lecture du paysage. Là où passaient les cabines monte aujourd’hui une file de marcheurs, et le sommet a retrouvé une fréquentation entièrement pédestre. Le contraste vaut une halte : à l’endroit où s’arrêtait la cabine, la table d’orientation pointe les mêmes reliefs que les voyageurs des années trente photographiaient déjà. La permanence du panorama, face à la disparition de l’infrastructure, donne à la montée une saveur particulière.
Le départ classique : depuis le Petit Port
Le tracé de référence démarre juste après le Petit Port d’Annecy-le-Vieux, au lieu-dit du Bois Jettaz. Le sentier emprunte le chemin rural de la Montagne, une portion du GR®P Tour du lac d’Annecy. La montée se fait à l’ombre des hêtres et des chênes sur la première moitié, un atout réel entre juin et septembre quand le bord du lac dépasse 30 °C.
Comptez 1 h 20 pour rejoindre le col du Pré Vernet, situé à environ 500 mètres au-dessus du point de départ. De là, le sommet du Mont Veyrier se gagne en une quinzaine de minutes supplémentaires. La pente s’adoucit nettement sur la fin : le haut de la montagne forme un plateau, et le sommet arrive presque sans prévenir. Distance totale aller-retour : 5 kilomètres pour 406 mètres de dénivelé.
Une variante plus longue passe par le Bois Jettaz sur 8,5 kilomètres et 874 mètres de dénivelé, avec près de 3 heures de montée. Réservez-la aux marcheurs entraînés. Le tracé court suffit largement pour atteindre le panorama, et reste le plus emprunté des familles avec adolescents.
Le balisage suit les marques blanc et rouge du GR®P sur la majeure partie du parcours. Restez attentif aux bifurcations dans la forêt : plusieurs sentiers secondaires partent vers Pré Vernet et le Mont Baron, et il est facile de prolonger sans le vouloir. Un fond de carte IGN ou une trace téléchargée sécurise l’orientation, surtout par temps couvert quand les nuages masquent les repères visuels du sommet. Le réseau mobile reste correct sur la crête, moins fiable dans les passages boisés du bas.
Mont Veyrier et Mont Baron : la boucle des crêtes
Les deux sommets se touchent presque. Dix minutes de sentier de crête séparent le Mont Veyrier (1291 m) du Mont Baron (1299 m), son voisin de 8 mètres plus haut. La traversée des deux points hauts forme la boucle la plus complète du secteur.
Le Mont Baron ouvre une vue plus large vers le massif des Bornes et la vallée de Thônes, là où le Mont Veyrier reste tourné vers le lac. Enchaîner les deux sommets ajoute peu d’effort pour une récompense visuelle doublée. La boucle intégrale, qui redescend par un versant différent, atteint 11 kilomètres et près de 900 mètres de dénivelé positif, pour 5 h 30 de marche environ.
Le col du Pré Vernet sert de carrefour entre ces options. Depuis ce point, le sentier de droite mène au Veyrier en quelques minutes, celui de gauche file vers le Baron par la crête. Beaucoup de marcheurs montent au Veyrier, redescendent au col, puis poussent jusqu’au Baron avant de rentrer : ce trajet en aller-retour double évite la longue boucle tout en visitant les deux sommets. Sur la crête, le sentier reste aérien sans être exposé, bordé de pins clairsemés qui n’entravent jamais la vue.
Le col des Contrebandiers, longtemps point de départ favori, n’est plus accessible en voiture depuis le 29 juillet 2024. La route a été fermée par arrêté municipal en raison de la surfréquentation et du stationnement anarchique. Les départs se font désormais tous depuis le lac, ce qui rallonge l’approche mais désengorge le sommet. Vérifiez la réglementation locale avant de planifier votre itinéraire, elle évolue d’une saison à l’autre.
Quelle difficulté, pour quel marcheur
Le Mont Veyrier n’est pas une randonnée familiale au sens des sentiers plats du bord du lac. Le terrain devient rocheux et caillouteux dans sa partie haute, avec des rochers à enjamber. Par temps humide, ces pierres polies par le passage deviennent glissantes. La prudence s’impose avec de jeunes enfants, et le tracé ne convient guère sous 10 ans.
Pour situer le niveau, voici les trois itinéraires principaux comparés.
| Itinéraire | Distance A/R | Dénivelé | Durée | Niveau |
|---|---|---|---|---|
| Petit Port (court) | 5 km | 406 m | 1 h 20 montée | Modéré |
| Bois Jettaz | 8,5 km | 874 m | 3 h montée | Soutenu |
| Boucle Veyrier + Baron | 11 km | 900 m | 5 h 30 | Soutenu |
Les marcheurs réguliers parcourent le tracé court sans difficulté. Les adolescents habitués au dénivelé suivent le rythme. Pour une sortie nature avec de jeunes enfants, les sentiers décrits dans notre sélection de randonnées en famille autour d’Annecy restent mieux adaptés, avec des dénivelés inférieurs à 200 mètres.
Quand monter et que prévoir
La période idéale court de mai à octobre. L’automne offre la meilleure visibilité sur le Mont Blanc, l’air froid dégageant l’horizon. L’été, partez tôt : la montée à l’ombre matinale évite la chaleur, et le sommet se libère avant l’affluence de la mi-journée. En hiver, la neige et le verglas rendent les passages rocheux dangereux sans équipement adapté.
Quelques règles tiennent la sortie au sec :
- Eau : 0,5 litre par personne et par heure, aucun point d’eau potable sur le sentier.
- Chaussures : tige montante recommandée pour les rochers du sommet, semelle crantée obligatoire.
- Protection solaire : chapeau, crème indice 50, lunettes ; les UV gagnent en intensité avec l’altitude.
- Météo : consultez Météo France la veille, les orages d’été éclatent souvent entre 14 h et 17 h en montagne.
- Départ matinal : la fraîcheur, la lumière rasante sur le lac et les places de parking jouent toutes en faveur du lever tôt.
Le sommet se prête au pique-nique, sans buvette ni service. Emportez de quoi vous restaurer et un sac pour redescendre vos déchets. La crête plate offre plusieurs replats à l’écart de la plateforme principale, parfaits pour une pause au calme face au panorama.
Comptez environ 1 heure pour la descente par le tracé court, un peu moins si vos genoux suivent. Les bâtons de marche soulagent sur les sections rocheuses où le pied accroche moins bien à la descente qu’à la montée. Évitez de redescendre dans la pénombre : les rochers polis deviennent traîtres une fois la lumière tombée, et le sentier perd vite ses repères sous les arbres.
Le Mont Veyrier se distingue d’autres points de vue du secteur par sa proximité immédiate avec la ville. Là où le Semnoz se gravit surtout en voiture par sa route goudronnée, le Veyrier se mérite à pied depuis le bord de l’eau, sans téléski ni accès motorisé jusqu’au sommet. Cette montée intégralement pédestre, courte mais réelle, explique son statut de classique local. Les habitants d’Annecy en font une sortie de fin de journée, pour saisir le coucher de soleil sur le lac depuis la crête.
Prolonger la découverte autour du lac
Le Mont Veyrier s’inscrit dans un secteur dense en sites remarquables. Pour varier les paysages sur un séjour, alternez la montée des crêtes avec d’autres curiosités. Notre guide des sites naturels de Haute-Savoie recense gorges, plateaux et cascades accessibles en moins d’une heure depuis Annecy, du Semnoz aux Gorges du Fier.
Les amateurs d’observation trouveront leur compte sur les pentes boisées du Veyrier. Chamois, rapaces et fleurs alpines peuplent ces versants ; notre page sur la faune et la flore des Alpes détaille quoi guetter selon la saison et l’altitude. Le contraste avec une journée au bord de l’eau achève le tableau : après l’effort des crêtes, les activités nautiques du lac reposent les jambes.
Pour caler votre camp de base au plus près des départs, mieux vaut anticiper. Un hébergement bien placé raccourcit les trajets vers le Petit Port et les autres sentiers du secteur. Notre guide pour préparer un séjour camping en Haute-Savoie aide à organiser la logistique avant l’arrivée. Le Mont Veyrier, lui, restera là : un balcon ouvert sur le plus beau lac des Alpes, à 1 h 20 de marche du bord de l’eau.